Le bris de vitre automatique bientôt obligatoire ?
Alors que plus de quatre millions d’élèves ont repris le chemin de l’école en autocar, plusieurs associations de victimes, appuyées par un collectif d’élus, réclament la généralisation urgente des systèmes de bris de vitre automatique. Une mesure de sécurité passive née des enseignements tragiques du drame de Puisseguin.
Chaque matin, dans nos communes, le rituel se répète : des poignées d’enfants, cartable sur le dos, grimpent dans les autocars pour rejoindre leurs établissements. La scène, familière et rassurante, dissimule pourtant une exigence absolue : la capacité d’évacuer rapidement les passagers en cas de sinistre grave. Car si l’accident demeure fort heureusement rare, lorsqu’un incendie ou une collision survient, l’espace confiné de l’habitacle peut se transformer en un piège où chaque seconde compte pour survivre.
Historiquement, la réponse réglementaire reposait sur la présence du traditionnel marteau brise-vitre fixé aux montants du car. Or, en situation d’urgence extrême — au milieu d’une fumée opaque, sous l’effet du choc ou de la panique — localiser et manier cet outil manuel relève parfois de l’impossible, en particulier pour un enfant ou un passager blessé.
Les retours d’expérience le prouvent tragiquement : le 23 octobre 2015, la catastrophe de Puisseguin coûtait la vie à 43 personnes. Dans son analyse, le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait souligné les difficultés d’évacuation et recommandé le dégagement des fenêtres de secours.
Plus récemment, en janvier 2025 à Châteaudun, le décès d’une lycéenne au nouveau collège Joana a de nouveau secoué l’opinion par le gouvernement au printemps 2025 met l’accent sur les contrôles de conducteurs ; la prévention seule ne supprime jamais intégralement le risque mécanique ou humain.

Face à ces limites, des associations FENVAC, le Collectif de Puisseguin présidé par Danièle Gauvin, et « À la mémoire de nos anges » défendent le déploiement de nouvelles technologies de bris de vitre automatique dont le « Breakee » de la société basque Aguila. Ce dispositif permet d’exploser ou de libérer les vitrages instantanément, y compris via une commande centralisée depuis le poste de conduite. L’évolution réglementaire prend acte de cette avancée : en ce mois de septembre 2026, de nouvelles dispositions relatives aux dispositifs d’évacuations s’imposent désormais aux nouveaux véhicules entrant en service (règlement ONU n°107). Sur le terrain, la région Nouvelle-Aquitaine fait figure de territoire pilote, ayant impulsé des déploiements techniques en Charente-Maritime, en Dordogne et avec l’exploitant Keolis.
Afin de convertir ces initiatives en une règle nationale systématique, la tribune portée par les victimes rassemble un soutien transpartisan, incluant notamment la députée de Gironde Marie-Sophie Bernadeau ou la sénatrice Laurianne Josende. L’enjeu politique réside désormais dans l’examen du projet de loi-cadre relatif aux transports délibéré au Parlement : les signataires demandent d’y intégrer l’obligation d’intégrer cette technologie dans les cahiers des charges d’appels d’offres et les renouvellements de flottes de cars scolaires, afin que la sécurité des plus jeunes ne dépende plus d’un brise-glace de fortune.
Par Marianne Calero | 15 septembre 2026
Cet article est basé sur une publication du journal Le Résistant, adapté pour le site BREAKEE.